Le point sur l’aide de l’UE : fin du PEAD et mise en place du FEAD

Pendant plusieurs mois, toutes les associations caritatives ont craint que l’UE n’arrête son aide alimentaire en faveur des plus démunis. Tout le monde s’est mobilisé et la BA du Finistère a été un interlocuteur important d’Agnès Le Brun , maire de Morlaix et députée européenne, très attentive au devenir de l’aide de l’UE. Droite et gauche réunies, une majorité s’est dégagée en faveur d’un maintien de l’aide UE en faveur des plus pauvres. Un fonds d’aide en faveur des plus démunis (FEAD) a été voté dans le cadre du Fonds de Solidarité Européenne (FSE). Il porte sur la période 2014-2020

 

Ceci se traduit en 2014 pour la BA29 par une dotation de 303.000 € correspondant à 310 tonnes de denrées où le lait occupe une place prioritaire. Cette dotation est précieuse, car elle permet l’apport de denrées qu’il est très difficile d’obtenir par ailleurs telles que le lait, des viandes surgelées, du fromage, de l’huile ou du café... Toutefois, cette dotation subit une baisse  non négligeable et ne représente plus  que 6% des quelques 5.000.000 € de denrées que nous distribuons. En outre, l’obligation de gratuité des dons pose problème pour les partenaires qui demandaient une participation financière et pour le épiceries sociales ou solidaires (onze dans la BA 29, dont cinq affiliées à l’ANDES).
En définitive, les contraintes sont fortes mais l’essentiel a été préservé.
De discussions avec l’Etat il est ressorti une aide dirigée vers les épiceries sociales ou solidaires exclues, de facto, de l’aide européenne  du fait de l’obligation de gratuité.

 

Le dispositif mis en place à la BA29 a été adapté à ces contraintes et au fait que l’ANDES ait choisi de gérer sa dotation d’aide de l’Etat :
  • CCAS et associations distribuant gratuitement : accès au FEAD
  • CCAS et associations qui demandaient une participation modique : choix d’une demande d’adhésion aux bénéficiaires permettant de respecter le principe de gratuité et ouvrant l’accès au FEAD. Ces deux lignes représentent 63 % des bénéficiaires.
  • Epiceries strictement BA: aide de l’Etat de 93.000 € permettant un approvisionnement de 60 tonnes. Cette aide n’est valable que pour 2014 et sera renégociée en fin d’année 2014 (28 % des bénéficiaires).
  • Epiceries affiliées ANDES: elles reçoivent directement une dotation de l’Etat équivalente globalement à celle concernant les épiceries strictement BA, mais le choix des achats est libre, sous réserve de respecter un achat de fruits et légumes correspondant à 20% de la dotation (9 % des bénéficiaires).
Au total, les aides publiques en faveur de la BA 29 auront subi une baisse de l’ordre de 18 %, qui reste absorbable en développant de nombreux efforts et grâce au contexte agro-alimentaire local et à l’état d’esprit de nos partenaires de la production, du secteur des grossistes, des  industriels et des GMS. Merci à eux ! Toutefois la diversité des produits distribués va subir une évolution négative.
En définitive, la BA29 fait face, mais se heurte à des contraintes fortes de l’Union européenne. Elle a dû mettre en place un dispositif de distribution bien plus compliqué et des gestions de stocks encore plus strictes.
Yves Tirilly